Deux devis de sol industriel sur votre bureau : comment les comparer ligne par ligne
Vous avez reçu deux offres pour refaire le sol d’un atelier, d’un quai ou d’une chambre froide. Les totaux n’ont rien à voir, les systèmes portent des noms différents, et l’une tient en trois lignes.
Avant de comparer les prix, comparez ce que chaque offre contient. Voici les lignes que nous regarderions à votre place, dans l’ordre où elles font varier le résultat. La grille plus bas se recopie dans un tableur, une colonne par candidat.
Deux offres pour la même surface décrivent rarement le même travail. L’une prévoit un grenaillage et un décaissement, l’autre un simple ponçage. L’une compte les gorges sanitaires, l’autre les oublie. L’écart de total vient presque toujours de là, pas du prix de la résine.
Remettez donc les deux offres au même périmètre avant de lire les montants. Chaque ligne absente d’une offre est une question à poser au candidat, par écrit.
02
Les cinq lignes à lire dans chaque offre
L1
Ligne 1 : la préparation du support
C’est le poste le plus variable d’un sol industriel, et le plus souvent sous-estimé. Son coût dépend de l’état réel du béton ou de l’ancien revêtement, que personne ne connaît sans sonder ni mesurer.
Une offre sérieuse nomme les opérations prévues et la surface de chacune. Elle nomme aussi le système retenu, dont la fiche technique fixe l’humidité maximale du support.
Surface concernée par chaque opération, pas un forfait global.
Système nommé, avec sa fiche technique.
Ce qui se passe si l’ancien revêtement cache un support plus abîmé que prévu.
L2
Ligne 2 : le système, couche par couche et zone par zone
Un sol résine industriel se pose en quatre couches : préparation, primaire, corps du système, finition. Vérifiez que chaque couche apparaît, avec son produit et son épaisseur, pour chaque zone.
Le même nom de système ne veut pas dire le même sol. Un polyuréthane-ciment se pose de 4 à 6 mm en zone humide, de 6 à 9 mm en cuisson. Une résine MMA en une couche remet en service plus vite et coûte moins qu’en deux couches, qui forment un système complet.
À vérifier dans l’offre
Offre A
Offre B
Le primaire, et le saupoudrage de quartz quand il est prévu.
Le système et son épaisseur, zone par zone.
La finition et la classe antidérapante obtenue, selon la DIN 51130.
Les fiches techniques des produits proposés, jointes à l’offre.
L3
Ligne 3 : les détails comptés à part
Les gorges sanitaires, les relevés de plinthe, les raccords aux siphons et aux caniveaux se vendent souvent en supplément. Une offre qui ne les cite pas ne les inclut pas forcément. C’est pourtant au raccord sol-mur que l’eau s’infiltre et que l’audit regarde.
À vérifier dans l’offre
Offre A
Offre B
Gorges sanitaires et relevés de plinthe, en mètres linéaires.
Raccords aux siphons et aux caniveaux, à l’unité.
Formes de pente créées ou reprises.
Joints souples, seuils, étanchéité liquide sous le revêtement.
L4
Ligne 4 : le créneau et la remise en service
Le prix d’un sol inclut le temps pendant lequel la zone ne produit pas. Une offre doit dire quand la zone ferme, quand elle rouvre aux piétons, puis aux chariots. Le système fixe ces délais, pas la bonne volonté de l’équipe.
Repères publiés pour comparer : la résine MMA polymérise en 2 à 4 h. Le polyuréthane-ciment accepte les piétons sous 12 h et les chariots sous 48 à 72 h. L’époxy autolissante, les piétons sous 24 h et les véhicules sous 72 h.
À vérifier dans l’offre
Offre A
Offre B
Le phasage : en une fois, ou zone par zone sur plusieurs créneaux.
Les créneaux proposés : nuit, week-end, arrêt technique.
L’heure de remise en service de chaque zone, piétons puis engins.
L5
Ligne 5 : ce que l’offre suppose sans le dire
Chaque offre repose sur des hypothèses : zone vidée et nettoyée, température du local, accès, eau et électricité disponibles. Quand elles ne sont pas écrites, elles reviennent plus tard en avenant ou en retard.
Demandez à chaque candidat d’écrire ses hypothèses et ses exclusions. Deux offres aux hypothèses écrites se comparent enfin à périmètre égal.
À vérifier dans l’offre
Offre A
Offre B
État dans lequel la zone doit être remise au candidat.
Température et ventilation nécessaires pendant la pose.
Protection des zones voisines et des équipements.
Exclusions : ce que l’offre ne comprend pas.
Offre A 0 / 19Offre B 0 / 19
38 cases vides : autant de questions à poser par écrit.
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La grille de comparaison, poste par poste
À recopier dans un tableurAjoutez une colonne par candidat et cochez chaque ligne. Une case vide est une question à poser par écrit avant de comparer les montants.
Une offre complète précise : Opérations nommées et surface de chacune
Signal d’alerte : Un forfait « préparation » sans détail
02
Humidité du support
Une offre complète précise : Système nommé et compatible avec le support décrit, selon sa fiche technique
Signal d’alerte : Système choisi sur photo, sans visite
03
Primaire
Une offre complète précise : Produit nommé, saupoudrage de quartz si prévu
Signal d’alerte : Primaire absent de l’offre
04
Corps du système
Une offre complète précise : Système et épaisseur, zone par zone
Signal d’alerte : Une épaisseur unique pour tout le site
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Finition
Une offre complète précise : Classe antidérapante DIN 51130 par zone
Signal d’alerte : « Antidérapant » sans classe
06
Gorges, plinthes, siphons, caniveaux
Une offre complète précise : Mètres linéaires et unités chiffrés
Signal d’alerte : Détails non cités
07
Créneau et remise en service
Une offre complète précise : Phasage, heure de reprise piétons puis engins
Signal d’alerte : Aucun délai de remise en service
08
Hypothèses et exclusions
Une offre complète précise : Écrites : état de la zone, température, accès
Signal d’alerte : Rien d’écrit
09
Documents
Une offre complète précise : Fiches techniques des produits jointes
Signal d’alerte : Produits non identifiables
04
À quoi ressemble un système décrit couche par couche
Selon les fiches techniques des fabricantsLa ligne 2 de la grille demande le système couche par couche. Voici une coupe complète, redessinée d’après une fiche de fabricant : primaire, couche de masse, saupoudrage et finition, avec leurs consommations.
Flowprime LW, Protop 1000 ou Peran STC, 0,30 kg/m²
Saupoudrage
Quartz naturel 0,7 à 1,3 mm, 0,3 à 0,6 kg/m²
Couche de masse
Peran STC, 0,75 kg/m², + SNL Filler, 0,75 kg/m²
Saupoudrage
Quartz naturel 0,3 à 0,8 mm, 2,5 kg/m²
Finition
Flowcoat SF41 ou Flowcoat SF41 LE, 0,7 à 0,8 kg/m²
Selon la fiche technique du fabricant : fiche système Flowshield BC UNI, p. 1 et 2 (données 02/2026).
Valeurs de laboratoire publiées par les fabricants : elles décrivent le produit, pas un engagement de résultat. Les fiches techniques sont transmises sur demande.
Pourquoi deux offres pour la même surface sont-elles si différentes ?
Parce qu’elles ne décrivent pas le même travail. La préparation du support, l’épaisseur du système et les détails comme les gorges sanitaires expliquent l’essentiel de l’écart. Remettez les deux offres au même périmètre avant de comparer les montants.
L’offre la moins chère est-elle forcément moins complète ?
Pas forcément. Elle peut prévoir un système plus adapté ou un phasage plus simple. Vérifiez-le ligne par ligne : préparation, épaisseur par zone, détails, créneau, hypothèses. Une ligne absente se demande par écrit.
Une offre établie sans visite technique est-elle fiable ?
Elle estime la préparation sans connaître le support. C’est le poste le plus variable, et le plus souvent sous-estimé. Si un candidat n’a pas vu le sol, demandez-lui sur quelles hypothèses repose son chiffre.
Faut-il comparer les marques de résine proposées ?
Comparez d’abord le système, son épaisseur et sa finition zone par zone, puis les fiches techniques des produits. Deux marques peuvent donner le même sol ; deux épaisseurs différentes, non.
Une ou deux couches de résine MMA : quelle différence ?
Une couche donne une remise en service express et coûte moins. Deux couches forment un système complet, plus durable et plus cher. Le choix dépend du créneau dont vous disposez et de l’usure de la zone.
Comment comparer les délais de remise en service ?
Demandez l’heure de reprise de chaque zone, d’abord pour les piétons, puis pour les chariots. Ces délais viennent du système posé et de la température du local. Une offre qui ne les donne pas ne vous permet pas de planifier.